L'organisme britannique chargé de surveiller les sanctions lutte contre les abus liés aux cryptomonnaies

L'Office of Financial Sanctions Implementation (OFSI) intensifie la lutte contre l'abus d'actifs numériques au Royaume-Uni

L'Office of Financial Sanctions Implementation (OFSI) du Royaume-Uni a récemment publié un article de blog détaillant ses efforts pour contrer les abus liés aux crypto-actifs et le blanchiment d'argent associé. En collaboration avec la Crypto Cash Fusion Cell (CCFC), l'OFSI vise à identifier et perturber les activités criminelles utilisant des monnaies numériques. Les conclusions d'un rapport révèlent que les sociétés de crypto-actifs britanniques n'ont pas suffisamment signalé les violations des sanctions financières.

L’OFSI s’attaque à l’abus des actifs numériques

L'OFSI, responsable de l'application des sanctions financières au Royaume-Uni, a mis en lumière la montée de l'utilisation des crypto-actifs pour déplacer et dissimuler des fonds illicites. Dans une déclaration, l'organisation a affirmé : « Les responsables des sanctions se tournent de plus en plus vers les crypto-actifs pour déplacer et cacher des fonds illicites, y compris ceux liés au contournement des sanctions ».

Cette déclaration souligne le défi croissant que représentent ces actifs dans le cadre légal actuel.

Collaboration entre agences pour lutter contre le crime financier

Pour renforcer son efficacité, l'OFSI a formé une alliance avec la CCFC, qui regroupe plusieurs organismes tels que la National Crime Agency (NCA) et la Financial Conduct Authority (FCA). L'objectif est clair : améliorer l'identification et la réponse aux abus liés aux monnaies numériques. L'OFSI a partagé « des renseignements détaillés » avec ses partenaires afin d'agir rapidement sur des violations potentielles.

Un porte-parole de l’OFSI a déclaré : « La collaboration [...] améliore notre compréhension de la menace ». Cette approche multi-agences permet une réaction rapide face aux infractions.

Les entreprises doivent mieux signaler les violations

Un rapport récent montre qu'en août 2022, les sociétés d’actifs numériques ont été ajoutées à la liste réglementaire britannique sur les sanctions. Cela implique qu'elles doivent informer l'OFSI lorsqu'elles soupçonnent avoir rencontré une personne ou entité sanctionnée. Cependant, depuis cette date, environ 7 % seulement des rapports soumis impliquaient effectivement ces sociétés.

Le rapport révèle cinq conclusions clés :

  1. Il est « presque certain » que les sociétés britanniques n’ont pas suffisamment signalé ces violations.

  2. La plupart seraient dues à « l’inadvertance ».

  3. Des entreprises auraient été exposées à Garantex, une bourse russe sanctionnée.

  4. Les sociétés locales risqueraient d'être ciblées par des pirates informatiques nord-coréens.

  5. Elles faciliteraient actuellement le transfert vers certains groupes iraniens sous sanctions.

Pertinence géopolitique accrue dans le contrôle numérique

Les tensions croissantes entre Iran et États-Unis rendent ce sujet particulièrement sensible alors que le Washington Post rapporte qu’environ 1 milliard de dollars ont été transférés via deux échanges enregistrés au Royaume-Uni en 2023 par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien. Cette situation pousse davantage encore l’OFSI à agir contre toute évasion potentielle via les actifs numériques.

Dans sa communication récente du 28 janvier dernier, l'organisme britannique rappelle : « L'utilisation de crypto-actifs pour échapper aux sanctions n'est pas traitée différemment de celle utilisant les monnaies traditionnelles », affirmant ainsi son engagement ferme envers cette problématique cruciale.

Avec ces initiatives renforcées contre le blanchiment d’argent lié aux monnaies numériques, le Royaume-Uni démontre sa détermination à protéger son intégrité financière tout en s’adaptant à un paysage technologique en constante évolution.