Le plafond ambitieux sur la propriété des cryptomonnaies en Corée : explications sur ses implications

La Commission des services financiers (FSC) de Corée du Sud propose de limiter la propriété des grandes bourses de cryptomonnaies comme Upbit et Bithumb à 15-20 %. Cette mesure s'inscrit dans un projet de loi qui vise à renforcer la gouvernance au sein du secteur des actifs numériques. Les fondateurs des plateformes pourraient être contraints de vendre une partie significative de leurs participations.

La FSC cherche à encadrer le contrôle des fondateurs

Le régulateur financier sud-coréen, représenté par Lee Eog-weon, a déclaré que cette initiative vise à limiter la concentration du pouvoir au sein des échanges crypto. Actuellement, les mesures en place ne concernent que l'anti-blanchiment d'argent. L'objectif du nouveau projet est d'établir un cadre réglementaire plus complet pour le secteur.

Une transition vers un système d’autorisation permanent

Les échanges fonctionnent aujourd'hui sur la base d'un système de notification, renouvelable tous les trois ans. Avec les nouvelles règles proposées par Lee, ces plateformes deviendraient soumises à un système d’autorisation permanente, nécessitant ainsi une gouvernance renforcée. Le président a averti qu'une trop grande concentration entraîne inévitablement des conflits d'intérêts nuisant à l'intégrité du marché.

Les fondateurs pourraient devoir céder leurs parts

Aujourd'hui, Song-hyung Chi, président de Dunamu (opérateur d'Upbit), détient plus de 28 % et Cha Myung-hoon, fondateur de Coinone, environ 53 %. Si la loi passe, ils devront vendre une part importante pour se conformer aux nouvelles limites imposées par le régulateur. Cependant, Upbit et Bithumb s'opposent fermement à ces restrictions qu'ils considèrent comme nuisibles pour l'industrie coréenne.

L'impact potentiel sur les grandes bourses

Le FSC considère que toute plateforme ayant plus de 1,7 million d'utilisateurs est essentielle pour l’infrastructure financière nationale. Les bénéfices générés par ces échanges sont actuellement concentrés entre quelques individus puissants; ce nouveau cadre vise donc à remédier à cette situation problématique. Toutefois, certains acteurs du marché voient cela comme une violation potentielle des droits propriétaires.

Un futur incertain pour les fusions dans le secteur

Des projets tels que la fusion entre Upbit et Naver Financial (estimée à environ 20 000 milliards de wons) risquent également d’être compromis sous cette nouvelle législation. De même, Bithumb Holdings devrait réduire sa participation si les changements prennent effet.

Démarche réglementaire sous tension croissante

Cet effort fait suite aux règles renforcées mises en place en décembre dernier concernant les fournisseurs d'actifs virtuels qui doivent désormais respecter certaines exigences financières similaires aux banques. La Corée augmente donc son niveau général de vigilance face aux fraudes liées aux cryptomonnaies.

Permanence dans les discussions autour des réformes

Cette proposition n'est pas encore adoptée et pourrait faire face à plusieurs modifications avant son implémentation définitive. Des experts estiment qu'il pourrait falloir entre 5 et 10 ans pour voir une transition complète vers ce nouvel ordre juridique qui représente un changement majeur depuis l'apparition des échanges en Corée.

Toutefois, si mise en œuvre avec succès, ce cadre pourrait favoriser l’entrée institutionnelle sur le marché crypto en permettant aux gestionnaires d’actifs et maisons de titres d’acquérir davantage de participations dans ces bourses.Vous aimerez peut-être aussi : Pourquoi l’ancien livre de jeu cryptographique est mort, explique Delphi Digital