Au premier trimestre 2025, les piratages en cryptographie ont engendré des pertes de 2 milliards de dollars
Chapô : Plus de 2 milliards de dollars ont été perdus en raison des hacks de crypto-monnaie au premier trimestre 2025, selon un rapport de Hacken. Ce chiffre alarmant est principalement dû à l’attaque majeure sur la plateforme d’échange Bybit, qui a entraîné la perte de près de 1,63 milliard de dollars. Les escroqueries deviennent également une menace croissante, avec des pertes estimées à 96,37 millions de dollars rien que pour le phishing.
Les pertes liées aux hacks atteignent des niveaux records
En premier trimestre 2025, les pertes dues aux hacks dans le secteur des crypto-monnaies se chiffrent à plus de 2 milliards de dollars, selon un rapport partagé par la société de cybersécurité cryptographique Hacken. Sur ce total, environ 1,63 milliard de dollars proviennent d’exploits liés au contrôle. Cette situation inquiétante est largement attribuée au piratage récent du service d’échange Bybit, comme l’a précisée Anmol Jain, vice-présidente des enquêtes chez AMLBOT : « Le chiffre exceptionnellement élevé est principalement attribuable au récent hack du Bybit ».
Le rapport souligne également que ces chiffres sont similaires à ceux fournis par la société concurrente Peckshield, qui évoque une perte totale due aux piratages s’élevant à environ 1,6 milliard de dollars pour cette même période.
Un impact majeur dû aux acteurs étatiques
Fin février 2025, il a été signalé que des pirates nord-coréens étaient responsables d’un hack massif évalué à 1,4 milliard de dollars, ciblant plus de 11 000 portefeuilles utilisés pour blanchir les fonds volés. Cette implication croissante d’acteurs étatiques témoigne non seulement d’une sophistication accrue mais aussi d’une échelle grandissante dans les opérations criminelles liées aux crypto-monnaies.
Ce piratage a eu un impact significatif sur les statistiques du trimestre en cours. À titre comparatif, l’ensemble des pertes enregistrées pour l’année 2024 était déjà élevée avec un total atteignant seulement 2,25 milliards de dollars.
La sécurité et les faiblesses persistantes dans le secteur
Le rapport met en lumière que même les grandes plateformes centralisées et décentralisées ne sont pas à l’abri : « Même les plus grands joueurs centralisés et décentralisés victimes de défaillances opérationnelles ». Bien qu’aucun nouvel exploit notable n’ait été observé durant cette période spécifique, il semble que l’efficacité continue des vecteurs d’attaque existants demeure préoccupante.
Il est également souligné que la majorité des dommages seraient désormais causés par « échecs dans les personnes », plutôt que par des vulnérabilités techniques telles que celles présentes dans les contrats intelligents.
L’industrie florissante des escroqueries cryptographiques
Les escroqueries constituent une autre facette alarmante du paysage actuel ; elles ont généré environ 96,37 millions de dollars en pertes dues au phishing et jusqu’à 300 millions de dollars grâce aux tirages frauduleux. Anmol Jain a mis en avant une tendance préoccupante concernant la professionnalisation croissante parmi ces réseaux criminels : « La tendance la plus inquiétante est la professionnalisation des réseaux d’escroquerie ».
Cette évolution montre comment certains groupes criminels opèrent avec une efficacité comparable à celle d’une start-up moderne. Des programmes spécifiques tels que ceux dédiés à former les escrocs ou encore introduire divers quotas internes témoignent du sérieux avec lequel ils abordent leur activité illégale.
Jain a aussi noté qu’un bon nombre d’escroqueries proviennent notamment d’Asie du Sud-Est où plusieurs opérateurs utilisent même le trafic humain pour alimenter leurs activités illégales : « Les bouchers financiers kidnapptent parfois jeunes victimes issues entre autres pays comme l’Inde ou le Vietnam ».
Ces éléments mettent clairement en évidence non seulement l’ampleur mais aussi la gravité croissante du cybercrime lié aux crypto-monnaies sur le plan mondial.
