Pour réussir, la crypto doit se détourner du modèle économique des néobanques
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Les néobanques, qui ont transformé le secteur du crédit à la consommation avec des services innovants, font face à un défi majeur : 76 % d'entre elles ne sont pas rentables malgré une clientèle croissante. Avec l'avènement des stablecoins et des portefeuilles cryptographiques, ces nouvelles solutions financières risquent de reproduire les erreurs du passé en matière de modèle économique. Dans ce contexte, il devient urgent pour ces acteurs d’adopter des stratégies viables pour éviter la stagnation.
Les paiements seuls ne peuvent pas assurer la rentabilité
Historiquement, les néobanques reposent sur l'économie des cartes, tirant leurs revenus principalement des frais d'interchange que les banques paient lors de chaque transaction par carte. Cependant, cette source s'est affaiblie due aux régulations comme le règlement II aux États-Unis qui limite ces frais à 0,21 $ plus 0,05 % par transaction pour les grands émetteurs. En Europe également, cette contrainte est présente avec un plafond fixé à 0,2 % pour les débits.
Ces limitations ont poussé plusieurs néobanques vers une rentabilité difficile, car elles peinent à financer leurs remises en argent ou leurs innovations technologiques. Les fluctuations dans les dépenses des clients impactent directement leurs revenus issus des commissions. Ainsi, certaines néobanques n’ont atteint la profitabilité qu’après plusieurs années sur le marché.
Les Stablecoins aggravent la situation financière
Avec l'arrivée massive des stablecoins, le modèle économique déjà précaire se complexifie davantage. Ces actifs numériques permettent désormais des transactions instantanées avec peu ou pas de frais associés. En 2024, environ 2000 milliards de dollars ont circulé sous forme de stablecoins dans le monde entier.
L'adoption croissante a également modifié la perception utilisateur concernant les marges appliquées aux transactions financières traditionnelles ; celles-ci deviennent difficiles à justifier face à une concurrence offrant presque zéro spread sur les échanges. Les produits cryptographiques doivent donc composer avec une double pression : maintenir leur conformité tout en subissant une érosion rapide des revenus liés aux transactions.
Repenser le rôle des cartes dans la finance numérique
Il est devenu essentiel que la communauté crypto reconsidère son approche envers les paiements numériques. Plutôt que d’en faire leur cœur métier principal, il serait judicieux d’utiliser **les cartes et transactions quotidiennes comme outils d'acquisition** et fidélisation client afin d’accéder ensuite à un financement plus lucratif via blockchain.
Certaines banques numériques classiques montrent déjà cette voie réussie où leur croissance provient non seulement des échanges mais également grâce aux services liés au prêt ou au trading financier. Ce changement pourrait mener vers un système où portefeuille ou carte agissent comme interfaces menant vers un éventail bien plus large de services financiers intégrés.
L’essor récent du modèle sans frais demande prudence
Des offres telles que les cartes sans frais doivent être perçues avec précaution ; elles ne signifient pas automatiquement que le secteur est devenu rentable mais plutôt qu'elles visent souvent à inciter l'utilisateur vers d'autres services générateurs de revenus après sa première interaction commerciale. Une telle stratégie mise sur l'engagement utilisateur pour générer progressivement plus value via divers outils financiers disponibles dans l'application elle-même.
La nécessité impérieuse pour innover dans la finance numérique
L'évolution rapide du marché souligne encore davantage la nécessité urgente pour le secteur crypto-natif d’innover face aux défis posés par les modèles existants inspirés par ceux utilisés auparavant par certaines néobanques traditionnelles peu rentables. Si rien ne change alors que nous voyons déjà certains acteurs traditionnels adopter aussi ces technologies modernes comme *l'USDC* (USD Coin) dans divers domaines économiques tels que paiement direct ou transfert international; cela risque fort bien entraîner une compression sévère ainsi qu'une consolidation brutale au sein même du milieu crypto-natif si aucune nouvelle approche n’est adoptée rapidement.
Finalement, ce secteur doit évoluer vers une architecture où paiements, actifs financiers et financements interconnectés se complètent mutuellement afin que chaque élément contribue activement au succès global plutôt qu'être simplement considéré comme un produit isolé en soi.
Jamie Elkaleh, directeur marketing chez Bitget Wallet.
