La Russie bloque WhatsApp, dirigeant 100 millions d'utilisateurs vers une application de surveillance étatique
WhatsApp bloqué par la Russie : une tentative de contrôle des communications
La Russie a tenté de bloquer complètement WhatsApp, poussant ainsi plus de 100 millions d'utilisateurs vers une application étatique sans cryptage. Le Kremlin justifie cette décision par la nécessité d'un dialogue avec les services concernés, tandis que l'application russe Max est déjà en route pour remplacer les plateformes étrangères. Les défenseurs des droits numériques dénoncent cette manœuvre comme un modèle autoritaire.
La décision de bloquer WhatsApp vise à contrôler les utilisateurs russes
Jeudi dernier, la Russie a décidé de bloquer totalement WhatsApp, propriété de Meta, dans le but déclaré de diriger plus de 100 millions d'utilisateurs vers une application gouvernementale sans cryptage. WhatsApp a qualifié cette initiative « une tentative d'isoler ses utilisateurs des communications privées et sécurisées », ajoutant qu'elle représente un « pas en arrière » pour la sécurité des citoyens russes. Dans un tweet, la société a affirmé : « Nous continuons à faire tout notre possible pour garder les utilisateurs connectés ».
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré qu'il n'y avait « aucune chance » que WhatsApp ou tout autre service revienne sans engagement dans un dialogue sur le respect des lois russes.
Roskomnadzor restreint également Telegram
Le régulateur russe des communications, Roskomnadzor, a simultanément décidé d'imposer des restrictions sur Telegram jusqu'à ce que l'application se conforme aux réglementations locales. Selon l'agence TASS, cela fait partie d'une campagne coordonnée visant à limiter l'accès aux plateformes étrangères qui ne respectent pas les normes imposées par le gouvernement.
Les défenseurs des droits numériques soulignent que ces actions s'inscrivent dans un schéma commun chez les gouvernements autoritaires pour exercer un contrôle accru sur Internet et les communications.
Lancement imminent de Max : l'alternative étatique à WhatsApp
La Russie met en place son propre remplaçant sous le nom de Max, une super application inspirée du modèle chinois WeChat qui combine messagerie et services gouvernementaux mais ne propose pas de cryptage renforcé. Les médias locaux rapportent que depuis 2025, il sera obligatoire pour tous les nouveaux appareils vendus dans le pays d’avoir Max préinstallé.
Pavel Durov, co-fondateur de Telegram, dénonce cette stratégie et affirme que « la Russie restreint l’accès à Telegram pour forcer ses citoyens à utiliser une application contrôlée par l’État ». Il cite même l'exemple iranien où une telle approche avait échoué auparavant.
Des experts mettent en garde contre la centralisation du contrôle
Shady El Damaty, co-fondateur de human.mind et expert en droits numériques, avertit que ce type d'initiative devient courant chez plusieurs États autoritaires tels que la Chine et l'Iran. Il souligne : « La nouvelle plateforme devient un point de contrôle », où la surveillance peut rapidement devenir omniprésente si elle n'est pas surveillée correctement.
Il insiste également sur le fait qu’une véritable décentralisation est essentielle pour préserver la vie privée et garantir une communication libre : « Lorsqu'un gouvernement contrôle comment vous communiquez... il contrôle ce que vous dites ».
L'infrastructure numérique doit donc être conçue avec soin afin qu'elle ne comporte ni portes dérobées ni points centraux susceptibles d'être manipulés par ceux au pouvoir.
En réponse aux préoccupations exprimées concernant sa position intransigeante face aux lois russes, Dmitri Peskov rappelle que toute possibilité future pour WhatsApp dépendra du respect des règles établies par Moscou.
Ces événements illustrent bien comment certaines nations cherchent non seulement à renforcer leur souveraineté numérique mais aussi à réduire au minimum toute forme d'opposition ou dissidence liée aux technologies modernes.
