Stablecoins non-USD : ils progressent 10 fois plus vite que la masse monétaire locale
Les stablecoins non adossés au dollar ont progressé en 2026 à un rythme bien supérieur à celui de la masse monétaire locale. Selon les données compilées par CEX.IO, leur capitalisation a augmenté de 29 % depuis le 1er janvier, alors que les stablecoins en dollars ont reculé de 1,8 %.
Cette évolution marque un tournant : pour la première fois depuis l’été 2023, les stablecoins non-USD croissent plus vite que leurs équivalents en dollars. Leur part dans l’offre totale de stablecoins a ainsi atteint un plus-haut sur deux ans, à 0,59 %.
Un marché qui sort de sa phase de stagnation
Sur les trois dernières années, les stablecoins non-USD sont restés globalement stables, avec une capitalisation combinée rarement au-dessus de 1,2 milliard de dollars. La situation a changé en 2026, avec une hausse de $1,38 milliard au 1er janvier à $1,79 milliard à la mi-août.
Dans le même temps, l’offre totale de stablecoins en dollars est tombée à $300 milliards. Le recul global du marché cette année est donc entièrement lié au segment USD, tandis que le reste du marché s’est contracté bien moins nettement, voire a progressé.
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, l’étude compare l’évolution des stablecoins à la croissance de la masse monétaire locale. Sur les 25 devises suivies, la croissance médiane du M2 local atteint 2,88 % en 2026, contre 3,57 % pour le dollar. Les stablecoins non-USD affichent, eux, une croissance médiane de 27,8 %, soit près de dix fois plus vite que le M2 local.
Euro, real brésilien et franc suisse tirent la hausse
La dynamique est large : 16 des 25 devises suivies ont vu leur capitalisation en stablecoins progresser plus vite que leur masse monétaire locale. Les autres ont reculé malgré une expansion de leur offre de monnaie.
En volume absolu, les cinq plus fortes hausses reviennent à l’euro, au real brésilien, au franc suisse, au yen japonais et à la livre sterling, pour plus de $400 millions de capitalisation ajoutée. Certaines devises affichent des pourcentages spectaculaires sur une base très réduite, comme le peso chilien et le naira nigérian, en hausse de plus de 200 %, mais avec des capitalisations toujours inférieures à 1 million de dollars.
La livre sterling fait figure d’exception partielle : sa capitalisation en stablecoins a bondi de 563 % en monnaie locale, portée en grande partie par tGBP, qui a ajouté plus de $20 millions cette année. Le franc suisse a, lui, progressé de 183 % pour dépasser $100 millions, tandis que le real brésilien a gagné 112 % et franchi les $200 millions.
Selon l’étude, une partie de cette montée du real brésilien serait liée à BRLA, utilisé comme moyen de paiement dans des applications financières locales, dont Avenia Pay. À l’inverse, le peso argentin a vu sa capitalisation en stablecoins chuter de plus de 30 % en 2026.
Ethereum reste central, mais perd du terrain
La croissance ne se limite pas à une seule blockchain. L’écosystème Ethereum héberge désormais des stablecoins libellés dans 30 devises différentes, un record, mais sa domination s’érode. La part combinée d’Ethereum L1 et de ses L2 dans la capitalisation des stablecoins non-USD est passée de 65 % à 58 % en 2026.
Dans le même temps, Tron, Solana et Stellar ont gagné du terrain. L’étude conclut aussi que, pour la plupart des devises, les stablecoins représentent encore moins de 0,01 % du M2 local, contre 1,3 % pour les stablecoins USD dans le M2 du dollar. Les données portent sur la période allant jusqu’au 21 août 2026.

