Table ronde SEC sur les cryptomonnaies : points clés à retenir de la première rencontre

La première table ronde publique de la SEC sur les crypto-monnaies a eu lieu le 21 mars, réunissant des experts pour discuter du statut juridique des actifs numériques. Divers points de vue ont émergé sur la nécessité de classer les crypto-monnaies comme des titres ou autres catégories d'actifs. Les discussions ont révélé une volonté commune d'établir un cadre réglementaire clair afin de protéger les investisseurs et favoriser l'innovation dans ce secteur en pleine évolution.

La SEC examine le statut légal des crypto-monnaies

Définir le statut de sécurité ». Bien que ouverte au public, cette discussion technique a été principalement dominée par des avocats et décideurs influents dans l'écosystème blockchain et actifs numériques. L'objectif principal était de déterminer si les crypto-monnaies devraient être considérées comme des titres financiers selon le système réglementaire américain.

Une forte poussée pour classer la crypto comme une sécurité

Un élément surprenant lors de cette table ronde était le ton général. Malgré l'implication directe de plusieurs panélistes dans l'industrie, il n'y avait pas une attitude pro-market aveugle. Certains participants ont plaidé avec force en faveur du classement des crypto-monnaies comme titres, s'appuyant sur les critères du célèbre test Howey, qui pourrait s'appliquer à plusieurs projets actuels.

D'autres intervenants ont contesté cette position, soutenant que toutes les crypto-monnaies ne répondent pas aux exigences définies par Howey. Néanmoins, il est apparu évident qu'aucun membre du panel ne souhaitait maintenir un flou réglementaire autour de ces actifs numériques.

Pour ceux qui estiment que le test Howey est obsolète pour évaluer les actifs modernes, une solution pourrait passer par une action législative visant à modifier explicitement les lois sur les valeurs mobilières pour inclure la crypto-monnaie.

Les défis d'une classification alternative à celle des titres

Lorsqu'il s'agit d'éviter la classification en tant que titre, certains suggèrent plutôt d'étiqueter ces actifs comme commodités. Cependant, cela soulève ses propres complications. La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) supervise effectivement certaines crypto-monnaies telles que le bitcoin en tant que produits. Toutefois Benjamin Schiffrin souligne un problème fondamental : "Est-ce vraiment la bonne chose de dire que le CFTC devrait être le régulateur de la crypto ? Ma préoccupation est que le CFTC n'a pas de mission de protection des investisseurs."

Cette remarque met en lumière un aspect crucial : au-delà d'une simple classification juridique se trouve également la question essentielle de la protection effective des investisseurs.

L'industrie cryptographique face aux obligations réglementaires

Un autre point central abordé lors du débat concerne l'efficacité avec laquelle l'industrie cryptographique respecte déjà les règlements existants ou si ceux-ci sont devenus trop contraignants sous leur forme actuelle. Les participants semblaient unanimes : le cadre actuel imposé par la SEC est dépassé et inadapté aux réalités contemporaines.

Miles Jennings, avocat général chez A16Z Crypto, a déclaré : "Ce n'est pas vraiment juste de dire que l'industrie vient juste ne pas se conformer". Il ajoute qu'en réalité beaucoup d'entreprises souhaitent se conformer mais peinent à naviguer dans un paysage règlementaire flou depuis 2019 sans conseils clairs adaptés à leurs besoins spécifiques.

Le rôle essentiel des tables rondes dans l'évolution réglementaire

Bien souvent perçues comme un exercice théâtral politique sans conséquence tangible, ces audiences peuvent pourtant avoir un impact significatif sur future réglementation sectorielle. Les propos tenus durant ces sessions sont fréquemment cités dans divers mémorandums et projets politiques. Cette invitation aux contributions publiques peut potentiellement transformer comment les régulateurs interagissent avec cet espace dynamique à l'avenir.