Binance : le ministre nigérian clarifie que le problème est avec la plateforme, pas avec les cryptomonnaies
Le Nigéria, premier marché des actifs numériques en Afrique, fait face à une tension croissante avec Binance, alors que le gouvernement a engagé un procès de 81,5 milliards de dollars contre l’échange. Malgré cela, le ministre nigérian de l’Information Mohammed Idris affirme que son pays soutiendra le secteur des actifs numériques et protégera les investisseurs. La situation met en lumière la dynamique complexe entre régulation et innovation dans un pays en pleine transformation numérique.
Le gouvernement nigérian poursuit Binance pour 81,5 milliards de dollars
Le gouvernement nigérian a déposé une plainte contre Binance, exigeant 79 milliards de dollars pour pertes économiques et 2 milliards de dollars en taxes. Cela représente la plus grande amende jamais demandée dans ce secteur. Le ministre Mohammed Idris a précisé : « Quelle que soit la taille de l'entreprise, aucun VASP ne sera autorisé à opérer au Nigéria sans les licences appropriées ».
Les accusations réciproques entre Binance et le gouvernement
Binance accuse le gouvernement nigérian d'exiger des pots-de-vin d’150 millions de dollars pour libérer Tigran Gambaryan, détenu pendant huit mois. Richard Teng, PDG de Binance, déclare que les actions du gouvernement sont « non justifiées » et qu'il n'y a pas eu d'intérêt pour une résolution amiable. En réponse aux accusations de corruption, Idris qualifie ces allégations "de simples bouffonneries."
La nouvelle législation sur les actifs numériques au Nigéria
Pour renforcer sa réglementation sur les actifs numériques, le Nigéria a mis en place un nouveau cadre légal qui permet aux fournisseurs d'actifs virtuels (VASP) d'obtenir des licences officielles. En 2024, il a déjà délivré ses premières licences à deux échanges locaux : Busha et Quidax.
L'impact mondial sur l'utilisation des cryptomonnaies
Idris souligne que la lutte contre les transactions illicites liées aux cryptomonnaies est un défi global. De nombreux gouvernements adoptent des lois strictes pour encadrer ce marché afin d'éviter son utilisation par des groupes criminels ou terroristes.
La transition vers les paiements numériques continue malgré la crise
Malgré cette crise réglementaire entourant la blockchain et les cryptomonnaies au Nigéria, un rapport indique que l’utilisation des paiements numérisés a considérablement augmenté depuis 2014. Les paiements en espèces ont chuté de 59%, selon Worldpay. Le rapport prévoit même une baisse supplémentaire prévue à 32% d'ici 2030. Cette transformation digitale au Nigéria est alimentée par diverses innovations fintech ainsi qu'une adoption croissante des solutions financières mobiles. Toutefois, beaucoup restent encore attachés à l'utilisation traditionnelle de cash. Dans ce contexte tumultueux où se mêlent ambitions réglementaires et évolutions technologiques rapides, le Nigéria se positionne comme un véritable laboratoire du futur financier africain tout en naviguant habilement entre opportunités et défis associés à l'univers complexe des actifs numériques.
