La Commission européenne intensifie la pression sur les manques de conformité liés à la cryptographie

La Commission européenne met en lumière les manquements de certains États membres concernant la mise en œuvre des nouvelles règles sur la transparence fiscale et le traitement des crypto-actifs. Douze pays, dont la Belgique et l'Espagne, vont recevoir des mises en demeure pour non-conformité aux directives fiscales qui entreront en vigueur le 1er janvier 2026. Par ailleurs, la Hongrie est également sous pression à cause de sa réglementation nationale sur les crypto-actifs qui ne respecte pas entièrement le cadre MiCA.

La Commission européenne souligne l’importance de la conformité fiscale

La Commission européenne, organe exécutif de l'Union européenne, a appelé tous les États membres à respecter pleinement les nouvelles règles relatives à la transparence fiscale et à l'échange d'informations sur les crypto-actifs. Ces règles visent à renforcer le contrôle fiscal dans un domaine souvent perçu comme opaque. Dans son « paquet d'infractions » publié le 30 janvier, elle a annoncé que douze pays recevraient des lettres de mise en demeure pour avoir échoué à transposer correctement cette règle fiscale, connue sous le nom de « Directive (UE) 2023/2226 ». Les pays concernés incluent : - Belgique - Bulgarie - Tchéquie - Estonie - Grèce - Espagne - Chypre - Luxembourg - Malte - Pays-Bas - Pologne - Portugal Cette directive impose aux fournisseurs de services d'actifs cryptographiques (CASP) une obligation d’échange automatique d’informations concernant leurs utilisateurs et transactions avec les autorités fiscales nationales. Ces informations doivent être partagées chaque année avec le pays de résidence du contribuable ou investisseur au sein de l’UE.

Les nouvelles réglementations entrent en vigueur dans deux ans

Adoptée par l'UE le 17 octobre 2023, cette directive vise principalement à améliorer la transparence concernant les actifs numériques afin de lutter contre l'évasion fiscale. La date limite pour sa transposition par les États membres est fixée au 31 décembre 2025, avec une application officielle prévue pour le 1er janvier 2026. « La mise en œuvre complète et en temps opportun des règles de la directive par tous les États membres est essentielle pour parvenir à une plus grande transparence fiscale », a déclaré la Commission. Les douze pays ont désormais deux mois pour répondre aux préoccupations soulevées par Bruxelles ; sinon, ils pourraient faire face à un « avis motivé », étape ultérieure pouvant mener devant la Cour de justice de l'UE.

La Hongrie doit se conformer au cadre MiCA sur les crypto-actifs

Outre ces mises en demeure fiscales, la Hongrie fait également face à une action distincte relative au respect des normes établies par le cadre MiCA (« marchés européens des actifs cryptographiques »). Cette démarche s'inscrit dans un contexte où Budapest a été critiquée pour avoir adopté un amendement législatif introduisant un régime d’autorisation non conforme aux exigences européennes après avoir déjà modifié sa loi nationale sur les crypto-actifs. « Alors que la Hongrie vise à renforcer ses garanties anti-blanchiment d'argent (LAB/CFT), ces mesures doivent rester compatibles avec MiCA », peut-on lire dans l'avis adressé au gouvernement hongrois. Le nouvel amendement aurait perturbé certaines activités économiques liées aux CASP présents sur son territoire. La réglementation MiCA est considérée comme cruciale pour assurer sécurité juridique et protection tant des consommateurs que des investisseurs au sein du marché unique européen relatif aux actifs numériques.

Des sanctions potentielles si aucune réponse adéquate n'est apportée

Si Budapest ne répond pas rapidement et efficacement aux demandes formulées par Bruxelles concernant ces infractions réglementaires, elle pourrait également recevoir un « avis motivé ». Cela entraînerait potentiellement une escalade vers des procédures judiciaires auprès du tribunal compétent. Ainsi, cette situation met clairement en évidence une volonté politique forte au sein des instances européennes visant non seulement à réguler mais aussi garantir un cadre légal solide autour du commerce numérique lié aux crypto-monnaies.