Coordination mondiale ou fragmentation des normes pour les actifs numériques ?
Chapô Alors que les actifs numériques gagnent en popularité avec un marché crypto atteignant 4 trillions de dollars en 2025, la coordination internationale sur les normes s'avère essentielle. Le Groupe d'action financière (FATF) et l'OCDE avancent vers une régulation des actifs numériques, notamment dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d'argent et l'évasion fiscale. Cependant, des divergences subsistent concernant les risques systémiques que ces actifs peuvent poser à l'économie mondiale.
Le FATF progresse dans la lutte contre le blanchiment d'argent
Le Groupe d'action financière (FATF), fondé en 1989, est au cœur des efforts mondiaux pour lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme (AML/CFT) dans l'espace numérique. Il a introduit la « Règle de voyage », qui exige des fournisseurs de services d'actifs virtuels (VASPs) qu'ils collectent et transmettent des informations spécifiques lors des transferts de fonds numériques.
En octobre 2021, le FATF a mis à jour ses directives pour clarifier les définitions liées aux actifs numériques et améliorer leur mise en œuvre. Malgré cela, un rapport publié après une réunion à Paris en juin 2023 a révélé que près de trois-quarts des juridictions n'étaient pas conformes aux exigences du FATF : « Beaucoup n'ont pas encore mis en œuvre les exigences fondamentales ».
Un accord mondial émerge sur la déclaration fiscale liée aux crypto-actifs
En décembre 2025, l'OCDE a annoncé que 75 juridictions, y compris plusieurs grandes nations comme les États-Unis et le Royaume-Uni, avaient adhéré aux nouvelles normes fiscales sur les actifs numériques. Ces règles visent à renforcer la transparence fiscale grâce à un cadre international pour l'échange automatique d'informations entre autorités fiscales.
La Grande-Bretagne prévoit ainsi que dès le 1er janvier 2026, tous les traders doivent déclarer leurs informations personnelles aux plateformes de trading. Hong Kong a également lancé une consultation publique pour aligner sa législation avec ce cadre international.
Les préoccupations croissantes autour du risque systémique
Bien que des accords existent sur AML/CFT et la fiscalité, moins de consensus existe quant au fait que l'espace numérique constitue un risque systémique pour l'économie globale. En août 2023, la Banque des règlements internationaux (BIS) avait alerté sur ce danger potentiel dans les marchés émergents tout en reconnaissant qu'il n'y avait pas eu jusqu'à présent contagion majeure suite aux fluctuations du marché crypto.
Des stablecoins sont particulièrement scrutés par les régulateurs car ils pourraient causer instabilité économique s'ils venaient à échouer. Par exemple, certains pays comme le Royaume-Uni ont classifié ces stablecoins comme « systémiques » nécessitant ainsi une réglementation accrue.
Les défis politiques américains face à cette dynamique mondiale
Sous l'administration Trump, il semble peu probable que les États-Unis considèrent actuellement ces risques comme menaçants pour leur économie. Les discussions autour du secteur se concentrent plutôt sur son potentiel innovant plutôt que ses dangers potentiels. Cela crée une dichotomie marquée entre approches américaines et internationales vis-à-vis de la régulation crypto.
L'administration américaine privilégie ainsi une position favorable au développement rapide du secteur sans imposer davantage de restrictions ou inquiétudes relatives aux risques systémiques liés au marché numérique.
L'avenir incertain mais prometteur pour la coopération internationale
Il apparaît qu'un progrès significatif vers une meilleure coopération internationale est réalisable concernant les normes liées aux actifs numériques au cours de cette année dernière. Toutefois, beaucoup reste encore à faire afin d'harmoniser davantage réglementations et standards entre différentes juridictions mondiales.
