La Corée du Sud impose des limites à la propriété sur les échanges de cryptomonnaies, mettant en péril d'importantes transactions

Chapô : La Commission des services financiers de Corée du Sud (FSC) envisage de limiter la participation des principaux actionnaires dans les bourses de crypto-monnaie à 15-20 %, une mesure qui pourrait bouleverser le secteur en 2026. Cette proposition incite les fondateurs et actionnaires majoritaires à céder une part significative de leurs participations, suscitant l'inquiétude parmi les acteurs concernés. Les implications sont vastes, touchant aussi bien les gouvernances internes que les futures transactions majeures.

Une nouvelle année assombrie par l’incertitude réglementaire

La proposition a été annoncée quelques jours avant la nouvelle année, entraînant des spéculations sur l'avenir du marché coréen des cryptomonnaies. Un média local a révélé cette information le 30 décembre, ce qui a depuis été repris par d’autres médias financiers. Alors que la période devait être celle de célébration pour un marché florissant, elle est devenue celle d'une inquiétude croissante sur la structure de propriété des bourses.

Un responsable d’une bourse a exprimé son inquiétude : « L’industrie a abordé l’année 2026 dans un climat d'incertitude réglementaire. Les transactions qui étaient sur le point d’être conclues sont désormais de retour sur la planche à dessin. »

Des changements radicaux dans la gouvernance des échanges

Le projet de loi fondamental sur les actifs numériques vise à transformer les bourses privées en infrastructures quasi publiques, semblables aux systèmes alternatifs sous la législation coréenne sur les marchés financiers.

Les impacts seraient immédiats et profonds :

  • Upbit (Dunamu) : Actionnaire principal avec 25,52 % doit réduire sa participation à 5-10 %.
  • Bithumb : Bithumb Holdings détient actuellement 73,56 %, désinvestissement requis entre 53-58 %.
  • Coinone : Le fondateur possède actuellement 53,44 %, avec un plafond demandé entre 33-38 %.
  • Korbit : NXC détient 60,5 %, doit descendre entre 40-45 %.
  • GOPAX : Binance détenant actuellement 67,45 %, devra réduire sa participation entre 47-52 %.

Cette réglementation marque également un changement vers un système de licences complètes où chaque actionnaire majeur sera examiné comme cela se fait pour les institutions financières traditionnelles.

Des méga-offres confrontées à des complications majeures

Le secteur fait face à deux grandes transactions problématiques. Le projet de fusion entre Naver et Dunamu pourrait créer un géant fintech évalué autour de 20 milliards de wons (14 milliards USD) mais se heurte aux nouvelles restrictions proposées. En effet, détenir une entière propriété comme prévu n'est pas compatible avec ces nouveaux plafonds.

De même pour l’acquisition récente prévue de Korbit par Mirae Asset ; le protocole signé ne garantit pas le contrôle nécessaire face aux nouvelles propositions qui pourraient compromettre toute justification stratégique derrière cet investissement dépassant 100 milliards de wons.

Assouplir le mur entre finance traditionnelle et crypto-actifs

La FSC souhaite adoucir la séparation stricte existante entre finance traditionnelle et activités liées aux actifs virtuels en Corée du Sud. Depuis fin 2017, plusieurs règles empêchent institutions financières telles que banques ou assureurs d’entrer en relation avec entreprises cryptographiques afin de protéger leur intégrité contre la volatilité numérique.

Cependant, il semble que cette approche soit remise en question pour favoriser une plus grande dispersion du pouvoir tout en assurant une stabilité du marché grâce à l'implication d'acteurs financiers établis.

Cela pourrait permettre aux sociétés titres et gestionnaires d’actifs d’investir dans ces bourses tout en favorisant le développement des offres telles que jetons sécurisés (STO) ou tokenisation d’actifs réels (RWA).

Recul critique face au nouveau cadre proposé

Les opérateurs ont vivement critiqué cette initiative soulignant qu’elle pourrait entraîner une disparition des actionnaires responsables conduisant ainsi à une ambiguïté quant aux responsabilités lors éventuels incidents. Certains appellent plutôt à mettre en place des régulations comportementales ou restrictions moins draconiennes concernant droits politiques plutôt qu’une dispersion forcée.

Il y a également craintes que ces restrictions nationales n'ouvrent opportunément porte aux plateformes étrangères augmentant leur part alors que celles coréennes peinent à s’adapter rapidement au nouveau cadre imposé.

« Le gouvernement tente de réglementer qui va bien au-delà des lignes directrices du marché », déclare un représentant industriel ajoutant qu’une telle législation pourrait nuire davantage qu’aider au secteur naissant mais dynamique.

Implications mondiales pour le secteur crypto

Cette proposition sud-coréenne s’inscrit dans une tendance régionale visant formaliser gouvernance échangiste mondiale avec exemples tels qu’Indonésie ayant lancé sa propre plateforme soutenue par État limitant propriétés croisées tandis que Vietnam impose conditions strictes incluant capital minimum élevé pour nouvelles entrées .

Cependant ici c’est bien différent puisque cela cible directement leaders déjà établis forçant eux cesser leurs parts importantes sans précédent observés ailleurs notamment là où près 11 millions utilisateurs enregistrés font vaguer attentions internationales quant potentiel mise œuvre effective pouvant influencer futurs modèles internationaux.

Cela suggère quel avenir ?

Le FSC précise encore que rien n'est figé ; discussions restent ouvertes concernant seuils exacts envisagés potentiellement accordés jusqu'à cinq-dix ans transitionnelle permettant ajustements nécessaires avant application finale .

Ainsi donc secteur sud-coréen aborde début 2026 devant transformation radicale potentielle jamais connue depuis lancement initial échanges treize années auparavant . Mois prochains détermineront si refonte proposée consolidait bases solides ou perturbait dynamiques fructueuses ayant hissées nation parmi puissances dominantes globalement reconnues cryptographie .