L'exode des complexes frauduleux au Cambodge entraîne une grave crise humanitaire, selon Amnesty

Chapô : Amnesty International alerte sur une crise humanitaire au Cambodge causée par des évasions massives de complexes frauduleux, laissant des milliers de personnes sans soutien. Les témoignages de survivants révèlent des abus graves, tels que des viols et des tortures, dans ces sites gérés par des gangs criminels. L'organisation appelle le gouvernement cambodgien et la communauté internationale à fournir une aide immédiate.

Des milliers de personnes bloquées après les évasions au Cambodge

Amnesty International a déclaré mardi que les récentes évasions massives et libérations provenant de sites frauduleux en ligne au Cambodge avaient engendré une crise humanitaire. Des milliers de personnes se retrouvent désormais bloquées dans les rues, sans aucun soutien étatique.

Selon Montse Ferrer, directrice régionale des recherches à Amnesty International : « Cet exode massif des complexes frauduleux a créé une crise humanitaire dans les rues qui est ignorée par le gouvernement cambodgien ». Elle ajoute que « Au milieu de scènes de chaos et de souffrance, des milliers de survivants traumatisés sont livrés à eux-mêmes ».

Les enquêteurs d'Amnesty ont rencontré diverses victimes originaires d'Asie, d'Afrique, d'Europe et d'Amérique du Sud ayant un besoin urgent d'aide consulaire pour retrouver leur sécurité.

La situation chaotique au sein des complexes frauduleux

Amnesty estime qu'au moins 17 complexes frauduleux sont concernés par cette situation inquiétante. Le rapport annuel 2024 indique que près de 220 000 personnes travailleraient dans ces établissements illégaux uniquement au Cambodge et au Myanmar.

Les témoignages recueillis décrivent un environnement chaotique où les victimes se retrouvent sans passeport ni argent. Plusieurs survivants ont fait état d'abus graves tels que des agressions sexuelles, notamment certaines femmes enceintes, ainsi que des punitions brutales comme celle d'un homme dont le doigt a été amputé.

Une autre survivante nommé Delilah témoigne : « Les gens sont tombés malades mais ils ne nous aident pas... Nous avons dû sortir de force parce qu'un gars est malade et il ne veut pas mourir ».

L'implication du gouvernement cambodgien soulève des inquiétudes

Malgré la gravité de la situation décrite par les survivants, Amnesty note peu ou pas la présence policière pendant ou après leur fuite. Certains rapportent même avoir vu un homme tué après avoir tenté s'échapper. La police semble intervenue uniquement pour enlever les corps sans prendre aucune mesure contre ceux qui dirigent ces opérations illégales.

« Les gens à qui nous avons parlé ont profondément peur », explique Ferrer. Elle insiste sur le fait que « Ces gens ont besoin de toute urgence que leurs propres gouvernements interviennent et les aident ».

Escroqueries en ligne alimentées par le crime organisé

Le Cambodge est devenu un centre névralgique pour l’escroquerie en ligne, y compris celles utilisant la cryptomonnaie pour soutirer l'argent aux victimes étrangères sous menace physique. De nombreux travailleurs sont souvent privés de leurs documents légaux et forcés à travailler sous la menace constante du violence.

Plus tôt ce mois-ci, Chen Zhi, président du Prince Holding Group au Cambodge, a été arrêté suite à son implication présumée dans une escroquerie ayant volé plusieurs milliards aux victimes selon les autorités américaines.

L’arrestation coïncide avec une intensification mondiale contre ces réseaux criminels organisés opérant principalement en Asie du Sud-Est.

Alerte générale sur l'urgence humanitaire nécessitant intervention rapide

Amnesty appelle également à une intervention urgente tant du gouvernement cambodgien que celui étrangers pour fournir non seulement une aide humanitaire mais aussi permettre le rapatriement sécurisé des survivants retrouvés bloqués dans ce chaos post-évasion.

« Il y a un besoin urgent d'une assistance consulaire afin de aider ces personnes traumatisées à rentrer chez elles », conclut Montse Ferrer lors sa déclaration concernant cette crise déjà qualifiée d’« internationale sur le sol cambodgien ».