Les responsables de Coinbase sont confrontés à une action en justice pour délit d'initié

Chapô : Un nouveau procès accuse les dirigeants de Coinbase, dont le PDG Brian Armstrong, d'avoir évité plus d'un milliard de dollars de pertes en vendant des actions lors de la cotation directe en 2021. La juge Kathaleen St. J. McCormick a décidé que l'affaire se poursuivra, malgré les tentatives de l'entreprise pour y mettre fin. Les accusations portent sur un éventuel délit d'initié concernant des ventes massives d'actions avant une chute significative du cours.

Le procès pour délit d’initié contre Coinbase

Le litige remonte à avril 2021, lorsque Coinbase a fait son entrée sur les marchés publics par le biais d'une cotation directe, un choix atypique par rapport à une introduction en bourse traditionnelle. Cette méthode a permis aux actionnaires existants de vendre leurs actions immédiatement, sans période de blocage.

L’actionnaire Adam Grabski, qui a lancé la procédure judiciaire, affirme que certains dirigeants ont abusé de leur position privilégiée pour protéger leur patrimoine personnel au détriment des investisseurs. Selon lui, ils auraient vendu pour plus de 2,9 milliards de dollars d’actions avant que le public ne réalise que ces titres étaient surévalués.

Le PDG Brian Armstrong aurait réalisé environ 291,8 millions de dollars grâce à ses ventes d'actions pendant cette période critique.

La décision du juge quant à la poursuite du procès

Malgré les efforts initiaux de Coinbase pour étouffer ce litige – notamment par la formation d’un comité spécial chargé d’examiner les réclamations – la juge McCormick a décidé qu'il était nécessaire que l’affaire continue devant le tribunal.

Ce comité avait passé dix mois à analyser les transactions boursières et avait innocenté les administrateurs en affirmant que leurs ventes étaient modestes et nécessaires pour garantir la liquidité du marché. Cependant, le juge a soulevé des préoccupations concernant un conflit d'intérêts potentiel au sein du comité.

En effet, Gokul Rajaram, membre du comité et proche collaborateur du conseiller Marc Andreessen (accusé dans le procès), avait participé avec lui à plusieurs tours de financement depuis 2019. La juge a noté ce « manque total d’indépendance » comme un motif suffisant pour maintenir l'affaire ouverte sans accuser directement quiconque de mauvaise foi.

L’impact des ventes sur l’évaluation boursière

Un autre élément crucial est le moment choisi par ces dirigeants pour vendre leurs actions. Lorsqu’elle est devenue publique, l'action était évaluée à 381 $. Toutefois, cinq semaines après cette cotation initiale, son prix avait chuté de plus de 37 %, alimentée par des annonces financières révélatrices qui ont mis en lumière une dilution potentielle importante des actions existantes.

Les plaignants soutiennent qu’avant cette chute drastique du cours boursier, les administrateurs avaient accès à une évaluation interne bien inférieure au prix affiché sur le marché et auraient donc agi stratégiquement en vendant leurs actifs dans cet intervalle critique.

Bien que Marc Andreessen soit accusé avoir vendu via sa société Andreessen Horowitz pour un total atteint jusqu'à 118,7 millions de dollars durant cette période troublante, ses avocats affirment avec véhémence qu’ils demeurent optimistes quant aux perspectives futures et n’ont cédé qu’une fraction minime de leurs participations.

Cette affaire met ainsi en lumière non seulement des allégations sévères autour des pratiques commerciales chez Coinbase mais également soulève des questions fondamentales sur l'éthique au sein même du secteur technologique lié aux cryptomonnaies.